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L’officielle Histoire des Brakass

Ecrire cette histoire, c’est à dire au sens étymologique « explorer le temps », était aujourd’hui urgent pour les générations passées mais également pour celles qui prendront notre suite.
Combien de civilisations, de langues, de tributs d’hommes, d’idées ont disparu, ont été oubliées parce qu’elles n’ont laissé aucun écrit, dessin ou vestige. Bien trop.
Il était temps de révéler l’exacte origine de ce club. Non pas seulement en raison de l’importance qu’il possède dans le rugby français, mais surtout pour ceux qui ont choisi de mourir sur le terrain en portant les râpeuses et malodorantes chaussettes de notre club, transmises saison après saison et qui pourraient dans une ultime volonté de recyclage commercial finir en bonnet ou bandeau logotisé.

Rendre hommage à nos « tiffosis » et fans locaux ou du monde entier est aussi une des missions de « l’officielle histoire du club des brakass ». Quand on sait que l’idolâtrie qui entoure cette équipe va jusqu’à l’automutilation de certains choisissant de se tatouer avec l’aiguille brute de leur compa les 5, et parfois en fonction de leur résistance à la douleur, les 6 lettres formant le nom complet de l’équipe.
Entendre également parler ça et là, que certains édifieraient des églises pour célébrer le culte brakass en se marquant le front au fer rouge de l’emblème de l’ange pour signifier leur attachement à cette confrérie, ou d’autres plus poétique qui n’hésiteraient pas à afficher, dans leurs modestes chambres d’étudiantes, des visuels de leurs rugbymen préférés en taille 4×3 avec l’espoir secret qu’un jour serait apposé l’authentique signature rose pailletée d’or d’un grand joueur brakass.
Ces actes, aussi modestes soient-ils, nous touchent énormément, sachez le.
Pour eux, pour tous, nous leur devions la vérité, de faire en sorte que la richesse de notre histoire serve, humblement, à la construction du Mythe Brakass.

Un jour amusez vous à vous balader dans les rues de Nantes et à questionner les passants (hommes, femmes, CSP + ou -, tous ages,…). Vous vous avanceriez poliment, bien vêtu, bien coiffé, en renvoyant une image positive type Ralph Lauren : « Connaissez vous le fameux club de rugby des Brakass ? ».
Les réponses affirmatives fuseraient probablement à la même vitesse que si vous posiez cette même question à Toulouse à propos du Stade Toulousain.
A eux aussi, illustres anonymes, nous leur devons de leur raconter la genèse de ce fait majeur dans leur ville.

Replongeons nous dans le passé. À ce moment-là, internet était déjà généralisé dans les foyers, la Chine nous exportait déjà une bonne partie des biens de consommations courants, Elisabeth II était déjà reine, Kate Moss était surnommée La Brindille, et le continent américain avait été découvert. Par contre Michael Jackson était toujours bien portant et blanc, et Jean Paul II venait de décéder.

Un « Club des Cinq » avait décidé de se réunir dans un endroit tenu confidentiel à l’instar des membres arabes de l’Opep devant se concerter pour décider d’un maintien ou non des quotas de production pétrolier
Les membres du « Club des Cinq » avaient garé leurs rutilants et remarquables concept car devant l’entrée de la prestigieuse adresse.
Ils se retrouvaient régulièrement pour parler « affaires et mariage d’intérêt ». L’ambiance était chaude et mouate.
Les 5 amis étaient assis dans des fauteuils club aux cuirs usés couleur ébène, et commandaient à leur tour champagne Don Perignon 1963, Jack Daniels et boisson énergisante pour un mix déglinguant. Chaque membre du « Club des Cinq » avait une longue histoire avec l’alcool et s’enorgueillait virilement de résister à ces effets.

Harmonie et Doris, 2 filles aux attributs féminins renversants et fortement stimulants, descendaient alors les vieux escaliers pour chercher le membre du « Club des Cinq » qui les emmènerait peut-être au paradis orgasmique dans un adorable gang bang. Elles en avaient tellement vu que même les robustes membres du « Club des Cinq » n’arrivaient plus à leur arraché le moindre cri de plaisir. Elles étaient des bouts de chair que les membres du « Club des Cinq » pouvaient travailler pendant de longues heures sans résultat.
Peu importait. Ils se sentaient beaux, riches, intelligents,… et désirables.
Ce mélange de sexe et d’alcool à 15h les faisaient divagué et se sentir bien.
3 des membres du « Club des Cinq » étaient désormais nus dans le salon central, laissant admirer leur incomparable plastique de sergent instructeur de la Légion Etrangère.
Les autres clients, de cet endroit distingué mais décadent, étaient particulièrement habitués à ces légers accoutrements et ne tiraient aucun avis de cette tablée à cinq membres.

Tous étaient issus du milieu catholique et conservateur nantais, et avaient la volonté de réussir, qu’importe sur qui ils marcheraient pour arriver à leur dessein. La culture de la gagne était en eux et un jour, ils le prouveraient.
En attendant ces jours de gloire, le ton feutré et très New Orléans du lieu changea du tout au tout. La musique se fit entendre. La Macarena était diffusée et aucun des membres du « Club des Cinq » ne pouvait résister à cette irrésistible envie d’onduler, de bouger son corps en respectant la chorégraphie de cette mélodie venue d’Andalousie.
La Macarena était depuis toujours la chanson symbolisant leur amitié, qu’ils arrivaient désormais à interpréter dans le même timing.
Les autres clients s’amusaient alors beaucoup à voir ces joyeux amis éprouver autant de plaisir à danser ensemble en rythme.
L’un d’eux leur criant :
- Vous devriez créer un Boys Band, vous seriez géniaux.

A la fin de leur interprétation, le groupe regagna en sueur ces fauteuils qui devinrent véritablement collants.
L’un des membres dit alors :
_ C’est vrai que l’on s’entend bien, cela serait sympa de faire quelque chose ensemble.
_ Cette idée de Boys Band c’est pas mal et cela pourrait rapporter dit alors un autre membre, et c’est plus glam que la promotion immobilière en zone industrielle et portuaire.
-Ok on danse bien sur la Macarena, mais bon de la à écrire des chansons et à composer de la musique, on en est loin, lui rétorqua le futur avocat du groupe.
_ On pourrait peut-être monter la première équipe naturiste de cyclisme sur route avec objectif de créer un Tour de France parallèle, je pense que cela pourrait intéresser Amaury Sport.
L’un des membres qui était un peu plus taciturne que les autres et qui côtoyait tous les jours les hommes durs du milieu de la pêche industrielle, leur dit d’une manière brutale :
_ On n’est pas des fillettes, si on fait quelque chose ensemble, au moins que cela soit quelque chose qui montre que l’on en a, et qui dépose les tripes sur la table.
_ On peut faire de la boxe thaïe ou du free fight, on trouve un hangar, on met une cage dedans et on se fight huilé comme des Dieux
_ Soit réaliste Géno, lui dit le jeune avocat, même si on peut rapidement devenir de vrais combattants thaïe avec des victoires significatives sur des gars comme Jérôme Le banner tant que l’on ne sera pas parti dans un camps d’entraînement en pleine jungle thaïlandaise on ne sera pas reconnu par le milieu et franchement avec mon taf, j’ai pas 15 jours devant moi pour partir.
_ Il faut réfléchir efficace, en fonction réellement de nos capacités en mettant l’humain au premier plan, le free fight en cage et huilé c’est moyen d’autant que nous sommes 5 et que les matchs sont 1 contre 1, que ferait les 3 autres ? En plus cela ne me fait pas rêver, non, j’ai envie de nature, d’espace, d’air frais, de public, de 80 000 personnes se transcendant et hurlant des encouragements, dit un autre.
_ Bon c’est peut être le moment les gars pour vous annoncer que j’ai trahi votre amitié, leur dit soudain le jeune avocat. A Paris, j’ai fréquenté des hommes.
Quelques secondes cruciales et déterminantes s’écoulèrent alors. Des trahisons en amitié existent mais le « Club des 5 », uni depuis leur plus tendre enfance, se pensait à l’abri de ce genre d’inimitié, croyant, comme souvent, que cela n’arrivait qu’aux autres.
_ En fait ces hommes se faisaient appelés les Sous Bok et jouaient au rugby dans une ligue folklorique. C’est la raison pour laquelle je ne rentrais pas tous les week end à Nantes, de temps en temps ils me faisaient jouer avec eux et ensuite on se saoulait comme des dingues. On pourrait faire ça ici à Nantes ?

L’annonce de cette information fut un coup de tonnerre. Aucun membre du « Club des Cinq » ne fut en état de réagir. Leur amitié pourrait-elle disparaître ?

_Youha c’est génial comme idée, j’ai toujours rêvé de pratiquer ce sport.
_ Eh bien tu vois que tes études ça t’a servi, ça c’est un sport de mâle, lui rétorqua le pêcheur,
_ Je suis sur le coup aussi, j’ai toujours voulu en faire, leur dit le promoteur, par contre il faut enclencher direct sur un business textile et un nom qui claque, fini de rigoler, j’ai un stade en vu, le terrain est bien situé, exposé sud/nord, pas cher, il y a déjà des tribunes autour, et des vestiaires à 200 mètres. On détruit autour et on monte un complexe économico-sportif autour du terrain, avec surtout un commerce de crêpes et de gaufres car j’ai lu dans Capital que cela rapportait. Pour le nom, arlequin, c’est déjà pris, dommage parce que c’est pas mal. Il faut être dans cet esprit.

Des idées éparses fusèrent alors. Pour le meilleur et pour le pire.

_ On pourrait s’appeler les pachydermes nantais ou les lapins coureurs, c’est stylé et cela va bien avec le rugby, non ?
_ Les merlus du 44, c’est pas mal aussi !
_ Non c’est pas bon, c’est loser, je me souviens de cours de stratégie et d’avoir lu dans la bible du marketing qu’un nom commercial devait avoir 2 syllabes pour être mémorisé facilement, faut penser retour sur investissement et rentabilité nette.

Harmonie et Doris qui se baladaient uniquement en string lorsqu’elles étaient dans les salons du bar, nous appréciaient et malgré leur petite vingtaine d’années aimaient plaisanter avec nous et jouer avec nos performances. Elles ne se gênaient jamais lorsqu’elles avaient quelques instants entre 2 passes, pour venir parler et boire avec nous.

_ Nous vous trouvons vraiment super mimi et adorables, vous faites partie de nos coups du week end préférées, et vous êtes au top au niveau Macarena même si cela est un peu dépassé aujourd’hui, par contre vous êtes vraiment des bras cassés avec vos pantalons en velours style gentleman farmer et vos montres criardes, dit alors Harmonie.
_ Quoi des bras cassés parce qu’on porte des authentiques montres Audemars & Piguet ainsi que des pantalons sur mesure venant directement d’atelier milanais, leur hurla Géno. Nous respectons la qualité, la vieille tradition conservatrice et bourgeoise des gens de l’ouest de la France.
_ Bras cassés, bras cassés c’est pas mal, ça sonne bien, leur dit l’apprenti promoteur, mais il y a 3 syllabes, si on simplifie Brakass, c’est encore mieux, non. En plus nous n’avons jamais joué, au moins les gens auront envie de sourire lorsqu’ils nous affronteront et là, malin comme je suis, je pourrais leur inscrire des essais de 80 mètres en plein milieu des poteaux.
Son caractère visionnaire, lui permit également d’ajouter :
_ Les gars avec les futurs brakass, je nous assure la gloire éternelle.

Leur imagination n’aurait alors plus de répit. Une agressive tournée fut alors organisée : il leur fallait encore plus de Jack Daniels et de boisson énergisante. Les cerveaux fusionnaient sur cet ambitieux projet commun.
Le juriste eut alors le malheur de les ramener à la réalité.
_ Bon il nous faut une structure juridique pour encadrer cette activité sportive, je vous propose de créer une association loi 1901 à but non lucratif.
_ Quoi, une association, leur rétorqua le promoteur immobilier, je ne suis jamais allé en dessous d’une SAS voir SA à moins de 5 000 KE de capital social en petite coupure avec pacte d’actionnaire me garantissant la session des actions et une minorité de blocage. A but non lucratif ça existe depuis quand ?
_ Ecoute Nico, c’est plus souple et nous garantit que le côté fraternel et convivial sera notre priorité lui indiqua Alex C.
_ L’aspect humain et chaleureux aussi, cela me permettra de mettre en avant lors des soirées rugby, mon côté naturiste exacerbé, dit alors Loub qui se relevait alors aussi sec de son fauteuil, pour aller s’assouplir les jambes en vue d’un nouvel assaut dans le lit aux draps soyeux d’Harmonie et de Doris.
_ Ok pour le côté non lucratif même si j’aime pas ça, par contre j’aimerai présider l’association. Est ce aussi possible d’avoir le titre de président à vie et de cumuler les pleins pouvoirs dans une association comme dans les autres sociétés capitalistes traditionnelles ? Vous savez un peu comme les Agnelli pour Fiat ou mieux encore les président africains, eux ils ont tout compris au business : pouvoir à vie, pas d’opposition, détournement des fonds publics, société et compte bancaire off shore, investissement dans des châteaux de la riviera.

Fin du chapitre 1 de l’officielle histoire des brakass.
A découvrir prochainement, le choix des couleurs brakass, la création du logo, le mythe autour des objets brakass.