Déplacement 2011 : The blue elephant tour !!!
Le quatrième déplacement des Brakass a beau être resté un peu plus au Nord que les années précédentes, il n’en a pas moins été l’un des plus chauds. Les preuves de cet affolement thermique sont pléthores dans notre aventure, et c’est sans doute ce qui va me rester gravé en mémoire.
L’accueil chaleureux de la Neustrie
Si comme moi vous avez fait route vers le départ du périple, vous connaissez cette sensation de marcher vers le bonheur. Le sourire se pose sur vos lèvres et votre cœur se réchauffe avant que vous ne sachiez exactement pourquoi. Vous ne savez pas ce qu’il va se passer, mais ce sera très très agréable à vivre.
Les premiers instants de la Neustrie ne démentent pas mon idée. Un groupe de paisibles rugbymen est installé sur le même carré de pelouse que chaque année, et chacun vous tend chaleureusement la main. Même le pack de bière prévu pour la mise en bouche est chaud, mais personne ne refuse de lever son verre avec vous. On s’embrasse, on se taquine, on fait des plans sur la comète à propos des nymphettes de La Rochelle et leurs flammes attisées. Le président est là, avec sa main de momie mais son enthousiasme habituel. Les Brakass arrivent petits à petits, les camions apparaissent et les polos du déplacement avec. Cette année, ils sont en coton de poule : ils grattent, on voit au travers, ils sont deux fois trop grands mais ils portent le fameux logo !!!
Nous partons avec environ 30-45 minutes de retard sur le planning, mais nos pilotes sont bien décidés à grignoter le retard. La Rochelle nous attend !!
Une route brumatisée
Cette année, point de bétaillère, mais l’esprit est là ! Ricard et bières coulent à flot pour tenter de désaltérer des hommes coincés dans les véhicules étouffants. Afin d’éviter de faire monter la température, Guiom crache des tucs plutôt que du feu. Toute la voiture présidentielle en prend pour son grade. Le même artiste nous fait une démonstration de descente de bière par un vent de force 35 en se penchant par la fenêtre. Il enduit ainsi la carrosserie du véhicule d’une couche protectrice contre les tâches. La musique culturelle nous enivre, mais pas de Johnny pour allumer le feu. Qu’importe !! Notre cycliste tournicotant prend les devants en urinant dans une bouteille un liquide salvateur. Une analyse nasale montrant des substances dangereuses dissoutes, le tiède liquide est projeté en bordure de nationale.
La Guenomobile, durant ce temps, fait quant à elle une route calme et ses occupants discutent de leurs évolutions professionnelles, de géopolitique et de la possibilité d’avoir des rapports à plusieurs sur La Rochelle…
L’auberge des jeunesses
Nous atteignons notre lieu d’hébergement et récupérons notre cher Nico2 qui nous fait l’honneur et le plaisir de partager l’aventure. Il est déjà tard, pourtant il fait encore (ou déjà ?) chaud sur la ville. Certaines photos prisent sur le remblai témoignent d’une promiscuité forte entre les membres de l’équipe. Il faut dire qu’une marche de plusieurs dizaines de minutes sépare les Brakass du restaurant du Casino. Cette année en effet, le premier repas se passe à table et face à la Mer.
Manger chaud, manger trop
Le restaurant nous voit arriver avec soulagement après … 1h30 de retard. Nos hôtes tentent de signaler notre manque d’exactitude, mais ils remarquent rapidement que chauffer nos oreilles pourraient amener leur postérieur à le faire également. Du coup, la convivialité s’installe. Le serveur, rapidement renommé Moundir afin de faciliter les échanges culturels, nous interdit l’accès à la terrasse. Toutefois il laisse la porte ouverte et l’inévitable se produit : un puis vingt-trois Brakass sortent avec assiettes et verres manger dehors. C’est le grand pied : nous surplombons la Mer avec vue imprenable sur le Vieux Port. Affamés après un apéritif très peu nourrissant, nous nous jetons tous sur les salades composées, si bien que quand arrive le plat chaud, nous sommes tous déjà gavés. Poussés par notre finesse habituelle, nous faisons néanmoins honneur au plat et terminons nombreux au bord de l’éclatement. Après un café pris sur le pouce, nous partons rapidement vers l centre, marcher nous fera peut-être digérer.
Un bar Irish pour l’échauffement
Nous allons boire un verre dans un bar aussi bien rempli qu’accueillant : 10 personnes qui se battent en duels et un serveur qui humilie ses jeunes clients. Nous buvons une pinte pour attendre un adversaire du lendemain qui passe nous saluer. Une première petite galette chaude est déposée par un seconde ligne anonyme, signe que la soirée va être riche en délestage. Rapidement nous fuyons vers l’arrière du port à la recherche d’une ambiance plus moite.
Le piano-bar
Nous allions vers l’académie de la bière mais elle semble petite et pleine, c’est donc une mauvaise cible. Juste à côté se présente le piano bar avec un videur de deux étages à l’entrée. Nous négocions sans peine et entrons dans ce qui va être notre Graal noctambule. La musique est bonne, les bouteilles peu chers, les serveuses plus que sexy, la population jeune et peut-être naïve … tout est parfait. Nous commençons donc à nous abreuver des infâmes breuvages habituels et tout doucement le mercure monte. Il n’est d’ailleurs pas le seul indicateur de chaleur. La moiteur de la boîte et la promiscuité des corps dansant fait que ceux qui n’ont pas déjà le sang qui bout espèrent bien avoir le bout qui sent. Pourtant, les premières tentatives de séduction font encore un flop. Les premières chutes de tee-shirts sont réprimandées par le service et les Brakass sont divisés aux deux angles du Bar. Je fais différents aller retours pour profiter tant d’un groupe que de l’autre.
Le spartacus
Alors que je me dirige vers la zone Brakass du fond du bar, je note que l’ambiance est montée d’un cran. En effet, les serveurs sont maintenant torse-nus et surtout on m’apprend que la serveuse l’était aussi…sous son tablier. Les Brakass occupent l’estrade et ont encerclés des gallinettes dont la vigilance est tombée. Les tee-shirts tombent par moment et sont remis, sans provoquer de remous, la nudité gagne du terrain jusqu’à … Neuf semaines et demi. La serveuse envoie l’hymne du strip à plein volume et c’est l’explosion. Notre Guiom national se trémousse et s’effeuille, il est nu, il est trop tard, plus rien ne sera comme avant. Il se rhabille sagement, mais la bar enchaîne les tubes d’ambiances. Ils nous ont senti chaud comme des baraques à frites, mais pas dangereux, alors ils ouvrent les vannes. Trois chansons affolantes plus tard, c’est le délire : Trois brakass nus sur le bar et une vingtaine qui les haranguent en tapant des mains sur le Placoplatre du plafond. La serveuse arrose tout le monde de coca-cola sous pression pour faire baisser la température et éviter l’embrasement. C’est énorme ! C’est la fête à son paroxysme ! C’est le Spartacus !
L’état de grâce va durer quelques dizaines de minutes, puis tout le monde va plus ou moins se rhabiller. Le reste du temps dans la boîte appartient au Brakass. Ils sont partout, ils dansent, discutent et fantasment sur la serveuse. Une vision de rêve nous fait la voir se cambrant tandis qu’un client lui verse une carafe entre les seins. Nous sommes en fusion, les verres s’entrechoquent dans la grande liesse, tout le monde à chaud, pue la transpiration et luit de coca-cola… Ce soir est un grand soir.
C’est à ce moment que je note la présence d’un personnage clé de toute notre aventure : l’éléphant bleu. Elle était là depuis plusieurs heures, mais son immersion au milieu des Brakass me saute maintenant aux yeux car … elle n’est pas nue
.
Dans cette boîte de nuit, les Brakass ont depuis le début de soirée tout tenté pour faire de nouvelles rencontres. Nos meilleurs dragueurs ont multipliés les conversations avisées et fines pour attirer dans leurs filets les nymphes qui ondulent. Ainsi, on parle des couleurs de string, de la dépravation des élites politiques comme de coïts bucco génitaux à partenaires simultanés. Des stratagèmes divers sont employés pour convaincre les plus naïves que nous étions une troupe d’artistes qui font de la peinture sur corps. Mais le succès est le même que celui des autres années, les râteaux s’entassaient et rares sont les demoiselles résistantes (ou inconscientes) pour supporter la chaleur irradiantes des Brakass. Notez que par chaleur, je nomme ici tous le package que représente une haleine au whisky, des effluves salées, des postillons à faire des trous dans la peau et des yeux à faire fuir même un troupeau de roumaines venues gagner de quoi sauver leur famille. Pourtant… pourtant … il y a étrangement deux demoiselles qui sont immergées dans le groupe.et qui ne semblent pas (ou plus) chercher à fuir. L’une d’elle, affublée de formes évoquant des gonades d’éléphants et d’une robe Marylin Monroe semble encore plus ouverte aux échanges. Le doute planant sur sa capacité d’aspiration et l’évocation du nettoyage des voitures feront naître pour elle le sobriquet « d’éléphant bleu ».
Mais je vous vois déjà, vous les bas-pensants de notre association physico-culturelle, salir la réputation de ces deux jeunes femmes. Tel le fameux poète du XXe Siècle Jean-Marie Bigard, vous parlez de modèle d’élevage, au gout pâteux et ne valant même pas la sortie d’étui. Et bien vous n’êtes pas loin du compte. Nous avons affaire en l’occurrence à deux grandes habituées de la vie nocturne qui savent très bien ce qu’elles font. Elles vont ainsi, errant de corps masculin dénudé en verre de Whisky renversé sur le bar. Elles écartent placidement et sans violence les mains qui vérifient la tenue de leurs sous-vêtements, mais gardent le sourire, telles des mantes religieuses au beau milieu d’un festin de sucettes à la viande.
Alors les Brakass se détournent, et partent en croisade pour amuser toute une galerie de soixante-huitardes toutes aussi chaudes que … fondantes. Les jeunes s’échappent avec des mickeys, mais les routières restent, même face à une douzaines d’hommes dont les membres les plus craintifs du soleil se sont échappés en cette belle nuit pour se pencher à leur braguette. Je n’entends plus la musique, je ne vois que des Brakass partout et quelques vieilles mygales qui guettent ceux qui pourraient se prendre dans leur toile. Les videurs veillent, la serveuse rappelle à chacun que la beauté existe encore sur terre, tout le monde boit… jusqu’ici tout va bien… Mais le Spartacus ferme !!!
Le KGB
Nous devons sortir, quitter cette boîte à qui nous avons tout donné !!! Nos fluides, notre candeur (je parle des tee-shirts blancs) et peut être nos foies… C’est l’incompréhension, où allons-nous ? qui va nous mener ? Comment allons-nous entrer ? La solution est très simple : il y a une boîte de nuit au-dessus du bar ! Seul soucis, nous ne pouvons pas entrer tous en même temps, car la boîte est trop petite. Nous devons donc aller par groupe de cinq toutes les 5-10 minutes. C’est l’occasion pour les herboristes du groupe de se réchauffer en se faisant une bonne infusion en inhalation. Après plusieurs dizaines de minutes, nous entrons tous, ou presque car il parait que certains sont restés dehors pour profiter du bon air de l’océan.
L’intérieur est encore une fois très très chaud et ressemble étrangement à un endroit que nous connaissons : il y a des bars avec des bouteilles et des Brakass autour. Ensuite trainent quelques blondasses post-adolscentes et enfin, tournant autour comme des mouches autour d’une bouse fraîche, on trouve une forêt de Mickeys aux cheveux gominés et aux accessoires brillants. Bref, c’est une bonne boîte de merde, comme nous les aimons tant. Les serveuses sont beaucoup moins chaudes, les clients beaucoup trop masculins et surtout mes souvenirs quasiment absents. Je me souviens simplement que les toilettes ont comme particularité d’arroser les chaussures lorsque l’on tire la chasse. Irrité par la basse qualité de l’endroit, nous n’y trainerons pas plus de trois heures en buvant verre sur verre et en urinant contre le bar vu l’état des commodités. L’un d’entre nous, sans doute un créatif, à même pousser le pied de nez jusqu’à jouer au geyser dans les dites latrines. Son action pousse la Brigade Anti Contamination locale à intervenir pour sauver la faïence qui ne sera néanmoins plus jamais la même.
Durant cette fin de soirée, je remarque que l’éléphant bleu et sa fidèle copine sont toujours là. Elles ont ferré un Brakass, il est trop tard, son esprit l’a quitté pour descendre dans son slip, il n voit plus, ne sent plus, il bande…
La nuit se termine, nous sommes tous murs et le soleil vient nous réchauffer en cette sortie de boîte. Nous observons au loin le lever de soleil sur le vieux-ports…c’est trop beau, alors nous montrons nos biroute partout. Le Brakass fou, que nous surnommerons Cartouche, emmène son trophée pour le dévorer au bercail. Il faut dire qu’il faut un peu enlever les traces de la nuit et surtout trouver un chausse pied pour la sortir de sa robe moulante. Nous rentrons tous à l’Auberge de jeunesse en réalisant une bonne centaine de clichés de nos fameux organes…il fait si chaud ;).
Le dodo
Nous arrivons tous rincés à l’Auberge, il est 7h30 et le petit déjeuner est servi de 07h00 à 10h00. Aucune question à se poser, nous devons manger et nous le faisons tous !!! Après un dernier moment de convivialité, nous partons dormir … une heure trente.
Une longue journée s’annonce
La journée du samedi commence donc avec une quantité bien trop faible de sommeil. Il est 11h30 lorsque nous nous rendons sur la plage des minimes pour profiter du soleil. Le soleil est bien trop fort, il fait bien trop chaud et nos estomacs sont bien trop chargés. Tout le monde tente la sieste sur la plage, mais certains vont poser une petite galette de mazout. C’est une espèce d’errance qui se déroule et personne ne sait exactement s’il va bien. Nous sommes tous « en morceau ». Alors après quelques dizaines de minutes, nous décidons qu’il faut manger pour survivre. Un bon apéritif pourrait nous aider à nous refaire. Ainsi, après avoir récupéré notre ami Huggy, nous partons vers le camping. Les objectifs sont multiples : manger, dormir, nager et faire popo.
Nous nous rendons donc à Puilboreau et prenons possession des 4 mobil’homes qui nous hébergent. On s’organise sur le pouce pour s’alimenter, et chacun panse ses plaies gastriques. Un mot revient dans toutes les conversations : faut-il vraiment jouer dans trois heures ? est bien indispensable ? Raisonnable ? Qui sont ces joueurs de Puilboreau, des vétérans ou la réserve de la fédérale 2 ? Bref nous sommes une bande de branquignoles comme chaque année. Chacun passe un bon moment, en jouant au Rugby dans la piscine, en dormant ou en produisant des armes chimiques dans les mobil’homes. Puis vient doucement le moment de partir jouer à 3 kilomètres de là.
Fouillouillouille…
Nous arrivons sur un magnifique complexe sportif avec une vieille bâtisse en pierre qui sert de vestiaires / Club house. Nos adversaires semblent malheureusement bien décidés à jouer…nous aussi ! Encore une fois, les jérémiades fusent dans les vestiaires pendant que nous enfilons nos habits de lumières : « nous allons tous mourir, je ne peux pas courir, qui êtes-vous ? quel est ce sport ? ». Pourtant, nous sortons sur la pelouse et commençons à nous échauffer et à rentrer dans le match. Une ou deux galettes sont déposées sur le bord du terrain afin de marquer nos origines bretonnes, mais nous entrons sur le terrain fermement décidé à ne pas être ridicule et surtout à faire honneur à nos hôtes. Le match commence plutôt mal puisque nous nous faisons violemment rentrer dedans. Les cinq premières minutes sont une épreuve à l’avant et nous reculons tout en contenant les assauts. Heureusement, l’élan adverse est coupé par une ouverture au large qui permet à notre flashounet national d’inscrire le premier essai. Cet essai va piquer au vif les locaux qui vont immédiatement accélérer et revenir au score grâce à leur ligne de trois-quarts pleine de types qui font tout beaucoup trop vite. La suite du match est simple à résumer : nous faisons bonne figure devant, arrivons à construire et libérons quelques balles. En revanche, Puilboreau nous met la misère derrière ! Ils ont deux ou trois « retraités » de Fédérale qui nous obligent à courir sans arrêt et créent tout le jeu. Nous marquons à nouveau par Flash, mais prenons en tout quatre essais. Nous étions dominés et nos adversaires ont joué à la vitesse de leur choix, c’est-à-dire trop vite pour nous…
Quoi qu’il en soit, le match se termine et nous avons survécu. Nos adversaires ont bien compris notre état et surtout apprécié l’esprit dans lequel nous sommes venus les rencontrer.
Le repas de la petite mort
Nous repartons pour une nouvelle soirée, mais nous sommes nombreux à ne pas réussir à redémarrer. La bière fraiche est pourtant servie vers 19h sous le soleil, mais le houblon semble épais. Nous avons beau lutter, nombreux sont ceux qui ne se sentent pas capable de prendre la fameuse deuxième cuite. C’est pourtant la grande fête avec un barbecue géant et des ricards nombreux et bien frais. Nous mangeons, chantons un presque réussi « petit conduit » et tournons ensuite en rond cherchant quoi faire de nos corps si las. Même notre président, abattu pour les médocs qui luttent contre son infection, n’a pas la force de se lancer dans une nouvelle soirée de folie. Il s’en suit une scission entre un groupe de courageux et une majorité de dormeurs. Les noctambules se rendent dans un bar de couguar de la Rochelle et vivent des choses que je ne peux raconter, étant parti me coucher. Peut-être un des aventuriers peut-il nous narrer ces évènements ?
Le mot de l’auteur…
Cette année encore, je m’installe au clavier pour poser sur notre journal intime collectif le récit de notre périple méridional annuel. Cette tâche est typique de que je vis chez les Brakass : Il faut donner un peu pour recevoir beaucoup. Donner, c’est prendre le temps de structurer et rendre élégants et amusants des souvenirs peu structurés mais qui forcent en eux-mêmes le sourire. Recevoir, c’est discuter avec chacun des interprétations et détournements, relire l’écrit un an après, créer des histoires alambiquées qui bout à bout fabriquent la légende des Brakass.
Vous l’aurez compris, c’est avec un plaisir de fond que je me lance dans le récit de tout ce dont j’ai été témoin. Vivent les Brakass, vive le rugby, vive la vie !!!








